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Mutations du SARS CoV 2 : ce qu’il faut savoir sur les variants du coronavirus

Cette fiche d'information donne des éléments pour comprendre l'apparition de nouveaux variants du coronavirus SARSCoV2.

Présentés comme plus contagieux, les nouveaux variants du coronavirus apparus en Angleterre, en Afrique du Sud, au Japon ainsi qu’au Danemark inquiètent.

Qu’est-ce qu’une mutation ?

C’est une altération du matériel génétique (ADN ou ARN) d’une cellule ou d’un virus qui entraîne une modification durable de certains caractères du fait de la transmission héréditaire de ce matériel génétique, de génération en génération, peut-on lire sur Futura Science.

Et, plus il y a de virus qui circulent, plus ils peuvent changer, détaille l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans sa rubrique « questions et réponses ». Ces mutations, poursuit la note, donnent parfois lieu à un variant mieux adapté à son environnement que le virus initial.

Dans une vidéo explicative de l'Express publiée le 18 janvier dernier sur Twitter, il est indiqué  que tous les virus dont le SARS-CoV-2 sont en perpétuelle évolution. « Lorsqu’ils envahissent un hôte, ils pénètrent les cellules afin de se répliquer et de submerger le système immunitaire. Ces réplications successives peuvent engendrer des mutations (erreurs de reproduction) qui modifient le génome » explique la vidéo.

Lorsqu’une souche du Sars-CoV-2, présentant une ou plusieurs mutations persiste dans la population, il s’agit d’un nouveau variant. Et depuis quelques mois, deux variants particulièrement inquiétants sont apparus, poursuit la vidéo qui révèle qu’à ce jour, les chercheurs ont catalogué plus de 20 mille mutations issues de ces erreurs de réplications. 

Un processus normal

Les mutations dans un cadre général sont bénéfiques à l’humanité, tempère l’institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Ils sont à l’origine de la biodiversité et participent à l’évolution des espèces. Ce phénomène, poursuit l’institut, concerne tous les organismes, y compris les virus. (…) Néanmoins, précise-t-il, dans le cas des virus, les mutations avantageuses pour eux sont souvent préjudiciables pour l’hôte infecté. « Qu’elles leur confère une plus grande contagiosité, une virulence accrue, une résistance aux mécanismes de défense ou aux traitements, cela ne fait pas notre affaire ! »,  souligne la note.

Tous les virus mutent et dans le cas de COVID-19, les chercheurs ont observé des milliers de petites modifications depuis mars 2020 affirme à Africa Check, le Digital Helath Lab, une plateforme regroupant des experts qui apportent des réponses sur la Covid.

Ces mutations apparaissent donc comme quelque chose de normal. « Effectivement, la mutation d’un virus est un processus tout à fait normal. C'est un processus d'adaptation et d'évolution nécessaire pour la survie », appuie le Pr Noel Magloire Manga, infectiologue.

« Rien d’extraordinaire en soi », ajoute Simon Clark, professeur de microbiologie cellulaire à l’université de Reading, interrogé par France 24, dans un article parlant du variant japonais. « Il y a des mutations du SARS-CoV-2 partout dans le monde tout le temps ». Il rappelle que c’est dans la nature de ce type de virus, comme pour celui de la grippe, de muter lorsqu’il se réplique dans un organisme contaminé. Et ces changements n’ont, la plupart du temps, pas d’incidence sur la dangerosité de l’agent pathogène.

Les principaux variants du SARSCoV2

Parmi les variants dont on parle le plus, il y a celui apparu en Grande Bretagne, appelé B117. Il est apparu en Angleterre mi-décembre. Il se révèle être plus contagieux que les autres variants du virus.

En Afrique du Sud, le variant 501 V2 du virus a été identifié par des chercheurs sud-africains et signalé à l’organisation mondiale de la santé. Il cumule également un grand nombre de mutations dont plusieurs sur la mutation S. S’il ne provoque pas normalement de formes plus graves du Covid-19, il semble engendrer une charge virale plus élevée chez les personnes qui le contractent.

Au Danemark, la Covid a muté au sein de plusieurs élevages de visons et 12 humains auraient contracté ce virus mutant. Quatre mutations ont été observées sur la protéine S.

Sont-ils plus dangereux

« Toutes les mutations ne rendent pas le virus plus dangereux », rassure le Pr Manga. Mieux, poursuit-il, certaines mutations constituent un handicap et aboutissent à la disparition des variants qui les portent. Par contre, d'autres peuvent rendre le virus plus contagieux, plus virulent ou plus résistant.

Ce qui semble être le cas en Grande Bretagne où le variant suscite l’inquiétude pour trois raisons principales selon le Digital Health Lab. Ce dernier explique que les premières preuves indiquent avec une "confiance modérée" que la nouvelle variante est nettement plus transmissible que les versions précédentes.

En plus, poursuivent-ils, la deuxième raison est « l'étrange capacité de la nouvelle variante à pénétrer dans les cellules et à les infecter lui donne probablement un avantage sur les autres souches. Ce nouveau comportement peut en partie expliquer pourquoi le nouveau variant a été détecté dans la majorité des nouveaux cas à Londres, évinçant ainsi d'autres souches qui pourraient être moins douées pour ce mécanisme » soutient le Digital Health Lab.

« Sa domination rapide reste particulièrement inquiétante, d'autant plus qu'il faudra peut-être des mois pour déterminer avec précision comment la nouvelle variante s'installera », s’inquiètent les experts du Digital health Lab.

Qu’en est-il de l’efficacité des vaccins face aux variants

Pour le Pr Manga, il n'y a pas encore suffisamment de recul pour être formel sur ce sujet. Cependant, dit-il, le risque est réel parce que certaines mutations peuvent entraîner une résistance des variants porteurs aux anticorps protecteurs produits grâce à la vaccination. « Dans ce cas une amélioration des vaccins sera nécessaire pour préserver leur efficacité, soutient le Pr Manga ?

C’est sans doute pour ces raisons que le laboratoire Moderna, dans un article du Courrier international qui cite le Financial Time, a annoncé travailler par précaution sur une nouvelle forme de son vaccin contre la Covid-19 pour lutter contre le variant du Sars-CoV-2 apparu en Afrique du Sud.

 

 

Le cas anglais, 64 % plus mortel

Parmi les nombreux variants qui ont vu le jour depuis le début de la pandémie, celui anglais retient le plus l'attention du fait qu'il soit encore plus transmissible par rapport aux autres variants. Il est 70% plus contagieux selon une étude de l'Imperial College de Londres  rapporté par le Digital Health Lab. Il se propage rapidement, puisque quatre mois après son apparition en Angleterre, il a infecté plus de 70 pays dont vingt en Europe. 

Il est également plus mortel selon une étude anglaise publiée dans le British Medical Journal. Cette dernière indique que le variant anglais est 64% plus mortel par rapport aux autres variants. 

L'autre particularité de ce variant est qu'il contient également 23 mutations, un nombre inhabituellement grand, dont plusieurs affectent la protéine S du virus que l'on compare à une clef qui permet d'ouvrir et d'affecter les cellules humaines, rapporte le Digital Health Lab.

Pr Tandakha Ndiaye Dieye est immunologue. Il explique à Africa Check que c'est cette particularité concernant la protéine S qui est la porte d'entrée du virus. 

 

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