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KOLA SULAIMON/AFP

FICHE D'INFO - Ce qu'il faut savoir sur les élections générales de 2023 au Nigeria, déterminantes pour le pays

Le Nigeria compte des dizaines de millions d'électeurs. Il y a une possibilité de second tour. Nous mettons à jour nos informations au sujet de l'une des élections les plus attendues en Afrique en 2023.

Cette fiche d'information a été traduite de l'anglais. Lire ici sa version originelle publiée le 28 septembre 2022 par la rédaction anglophone d'Africa Check. 

Le 28 septembre 2022, ont été lancées les campagnes officielles pour les élections générales de 2023 au Nigeria. Ces scrutins devraient être parmi les plus importants de l’histoire démocratique récente de ce pays composé de 36 États avec pour capitale fédérale Abuja.

Le 25 février 2023, des dizaines de millions de Nigérians sont appelés à élire un président et des membres de leur Assemblée nationale bicamérale. Deux semaines plus tard, ils auront à désigner les gouverneurs et les Assemblées des États.  

Les scrutins sont organisés par la Commission électorale nationale indépendante (Inec). Les élections générales se tiennent tous les quatre ans.

 

🇳🇬 Le coup d’envoi de la campagne pour les élections générales de février 2023 au Nigeria a été donné aujourd’hui, avec sur la ligne de départ 18 prétendants pour la présidentielle. pic.twitter.com/RKOjRd056g

— VOA Afrique (@VOAAfrique) September 28, 2022

 

Pour en cerner les enjeux, il est important de comprendre la structure institutionnelle de ce vaste pays anglophone d’Afrique de l’Ouest. 

Son système de gouvernement comprend « trois niveaux : le gouvernement fédéral, les États fédérés (36 États et le Territoire de la capitale fédérale Abuja) et les 774 gouvernements locaux », a résumé le Service économique de l’ambassade de France dans le pays, dans l’avant-propos d’un recueil de fiches en français consacrées aux États fédérés et actualisées en décembre 2020. Le document, intitulé « L’état des États au Nigeria », est accessible en ligne depuis 2021.

Le Réseau du savoir électoral ACE, qui se veut un « répertoire » et une « communauté en ligne du monde qui s’intéressent aux connaissances électorales », a également passé en revue la structure institutionnelle du Nigeria dans le cadre d’une étude consacrée à l’Inec. Il a utilisé l’expression « échelon », au lieu de « niveau ».

« Chaque échelon de gouvernement possède une branche exécutive et une branche législative : les Chambres d’Assemblée pour les États et les Conseils de collectivité locale au niveau local. Les élections au niveau de la fédération et des États sont organisées par l’Inec (...). Le pays est divisé à des fins administratives en six régions géopolitiques qui jouent un rôle central dans la vie politique nigériane », a détaillé le Réseau ACE dans ce texte.

Les élections générales de 2023 seront les septièmes du pays depuis la fin du régime militaire en 1999. Et tout porte à croire que les Nigérians sont impatients de se rendre aux urnes.

Regain d'intérêt

Au Nigeria, le vote est volontaire et l’âge légal pour pouvoir l’accomplir est de 18 ans. Les précédents scrutins dans le pays ont été marqués par une faible participation des électeurs.

Une analyse des élections de 2019 montre que moins de la moitié des électeurs inscrits dans l'ensemble des six zones géopolitiques du Nigeria (trois dans le Nord, trois dans le Sud) se sont présentés à leurs bureaux de vote le jour du scrutin. À l'échelle nationale, le taux de participation n'a été que de 35,7 %.

Un homme lit un journal national avec un titre annonçant la victoire du président sortant Muhammadu Buhari, après le résultat de l'élection présidentielle du Nigeria, le 27 février 2019, à Kano.
Un homme lit un journal national avec un titre annonçant la victoire du président sortant Muhammadu Buhari, après le résultat de l'élection présidentielle du Nigeria, le 27 février 2019, à Kano. Luis TATO / AFP

 

Mais pour les scrutins de 2023, les médias locaux font état d'une hausse des inscriptions sur les listes électorales et du retrait des cartes permanentes d'électeurs (Permanent Voters cards, PVC).

En août 2022, la commission électorale a annoncé que 12,2 millions d’électeurs ont été ajoutés au fichier électoral pendant la période d'inscription continue bouclée le 31 juillet, ce qui porte le nombre total d'électeurs inscrits à 96,2 millions

L’Inec, qui procède actuellement au nettoyage de son fichier, a indiqué s’attendre à une liste finale de 95 millions d'électeurs. Il s'agirait d'une augmentation significative par rapport aux chiffres de 2019, où il y eu 84 millions d'électeurs inscrits au départ. Ce chiffre est ensuite tombé à 82,34 millions après un nettoyage similaire. 

Au total, 176 846 bureaux de vote doivent accueillir les citoyens à travers le pays.

Que révèle l'augmentation des inscriptions sur le fichier électoral ?

Les analystes attribuent l'augmentation des inscriptions sur le fichier électoral, y compris celles de Nigérians qui voteront pour la première fois, à un regain d'intérêt de la part des jeunes. Cela pourrait également faire augmenter le taux de participation. 

Otive Igbuzor est le directeur exécutif de l'African Centre for Leadership, Strategy and Development, un groupe de réflexion basé à Abuja et qui possède des bureaux dans tout le pays.

Pour lui, l'enthousiasme des jeunes est « sans précédent ». « Il y a une augmentation de la conscientisation, et de plus en plus de Nigérians prennent confiance dans le processus électoral, en particulier avec l'introduction du système bimodal d'accréditation des électeurs », a-t-il déclaré à Africa Check. 

Ce nouveau système vérifie les données biométriques des électeurs, telles que les empreintes digitales et les traits du visage. 

Igbuzor a également attribué ce regain d’intérêt à l'émergence d'une "troisième force" ou d'alternatives aux partis traditionnels. Deux partis, le All Progressives Congress (APC, Congrès des progressistes) et le People's Democratic Party (PDP, Parti démocratique populaire), ont dominé la course électorale au  Nigeria depuis le retour de la démocratie en 1999. 

Aujourd’hui, c’est l’APC, dont est membre l’actuel président Muhammadu Buhari, qui est au pouvoir. Le PDP, des anciens présidents Olusegun Obasanjo et Goodluck Jonathan, est la principale formation de l’opposition.

Mais un nouveau candidat fait des vagues électorales. (Nous y reviendrons plus tard.)

Saleh Dauda, professeur de sciences politiques et de relations internationales à l'Université d'Abuja, a également prédit que la participation serait nettement plus élevée que lors des élections précédentes.

« Beaucoup de gens sont en colère contre l'état des choses dans le pays et ils se déplaceront pour voter pour une alternative », a affirmé Dauda.

Un risque de désintérêt des électeurs

Mais la carte permanente d'électeur est essentiellement une carte d'identité délivrée par le gouvernement, et l'on craint que des personnes aient demandé cette carte à des fins autres que le vote.

Les cartes d'électeur ne devraient être utilisées que pour les élections, a déclaré le président de l’Inec, Mahmood Yakubu, lors d'un événement de sensibilisation publique à Abuja en juin 2022.  

« Je tiens à vous remercier d'avoir fait de la PVC la pièce d'identité la plus populaire au Nigeria aujourd'hui. Mais lorsque vous récupérez votre PVC, ne l'utilisez pas à d'autres fins. Elles sont destinées aux élections, pas à l'ouverture de comptes bancaires », a déclaré Yakubu à la foule.

Un fonctionnaire de l'Inec enregistre un électeur dans un bureau de vote lors de l'élection du gouverneur à Ede, dans l'État d'Osun, au sud-ouest du Nigeria, le 16 juillet 2022.
Un fonctionnaire de l'Inec enregistre un électeur dans un bureau de vote lors de l'élection du gouverneur à Ede, dans l'État d'Osun, au sud-ouest du Nigeria, le 16 juillet 2022. PIUS UTOMI EKPEI / AFP

 

Les postes

Les partis politiques ont finalisé les investitures de leurs candidats en juin 2022. 

Le 20 septembre 2022, l'Inec a publié la liste définitive des candidats retenus pour la présidentielle et les législatives. La campagne électorale a débuté le 28 septembre 2022. 

Au Nigeria, le président est élu au suffrage universel direct en même temps que le vice-président dans le cadre d'un ticket.

Même mode de scrutin pour les parlementaires, qui iront à la Chambre des Représentants (House of Representatives, la chambre basse, 360 sièges) et au Sénat (chambre haute, 109 sièges à raison de trois par État fédéré plus un pour le territoire d’Abuja).

La liste définitive des candidats pour les postes de gouverneur (sur un ticket avec un vice-gouverneur) et pour les Assemblées pour les États fédérés  sera publiée le 4 octobre 2022. La compétition officielle pour ces sièges débutera le 12 octobre 2022. 

Les élections des gouverneurs, également au suffrage universel direct, auront lieu dans 28 des 36 États du pays. Les cycles électoraux des gouverneurs des huit autres États ne sont pas alignés sur les élections générales. Cela est dû aux contestations juridiques des résultats des élections, avec pour conséquence le fait que les vainqueurs déclarés par les tribunaux commencent leur mandat de quatre ans avec des mois, voire des années de retard.

Quatre présidentiables à fort potentiel

L'Inec a autorisé 18 candidats pour la présidentielle. Quatre d'entre eux sont considérés comme des candidats de premier plan.

Ce sont :

Un candidat à la présidentielle est élu au premier tour s’il obtient plus de 25 % des suffrages dans les deux tiers des 36 États, soit 24 États. S’il n’obtient pas ce nombre de voix, un second tour doit être organisé. 

Importance de l’ethnie, de la religion et de la géographie

De nombreuses questions vont affecter l'issue du scrutin présidentiel, a estimé Igbuzor à Africa Check.

« Des facteurs tels que l’ethnie, la religion, la sécurité, l'économie, la corruption, les sommes dépensées par les candidats, la structure des partis et les jeunes électeurs vont déterminer en grande partie qui remportera l'élection » présidentielle, a-t-il affirmé.

Nous en examinons quelques-uns de plus près.

Le Nigeria était divisé en protectorats du Nord et du Sud jusqu’en 1914 : ces deux zones ont alors fusionné pour donner naissance à une entité, « la colonie du Nigeria ».

Plus d'un siècle plus tard, cette division géographico-religieuse est toujours manifeste : un Nord dominé par les musulmans et un Sud à majorité chrétienne.

Avant les investitures des partis politiques, certains chefs religieux, ethniques et politiques ont déclaré que la présidence devrait revenir au Sud. L'actuel président Muhammadu Buhari, natif du Nord  élu comme candidat de l’APC en 2015, est en poste depuis huit ans.

Cela a influencé l'émergence de Bola Ahmed Tinubu, natif du Sud, comme candidat à la présidence de l'APC. Peter Obi, qui a quitté le PDP pour le LP juste avant l’investiture de sa formation, est également originaire du Sud.

Mais Atiku Abubakar, du PDP, et Rabiu Musa Kwankwaso, du NNPP, sont originaires du Nord.

« Zoning »

Au Nigeria, il existe un accord non écrit pour l’alternance du pouvoir entre natifs de ces deux grandes zones géographiques du pays, règle tacite appelée « zoning » ou « zoning system ».

Des responsables politiques ont récemment plaidé en faveur de la rotation du pouvoir par zones, appelant à autoriser les principaux partis à choisir leur porte-drapeau présidentiel dans une zone géopolitique spécifique.

Au-delà de ses autres divisions, le Nigeria compte six zones géopolitiques comme évoqué plus haut : trois dans le Nord et trois dans le Sud. La zone Nord-Ouest compte sept États, et les zones Nord-Est et Centre-Nord six chacune. Les zones Sud-Ouest et Sud-Sud comptent chacune six États, et le Sud-Est, cinq. 

L'argument du « zoning » favoriserait le Sud-Est qui, selon les partisans de cet accord tacite, a été marginalisé aux plus hauts niveaux du gouvernement pendant des années. Mais aucun candidat du Sud-Est n'a remporté les investitures des candidats à la présidentielle des principaux partis, l'APC et le PDP.

Bola Ahmed Tinubu est originaire de la zone Sud-Ouest ; Atiku Abubakar, du Nord-Est et Rabiu Musa Kwankwaso, du Nord. Mais Peter Obi est originaire du Sud-Est.

La religion et le clivage Nord-Sud

La religion est également un facteur clé. Le nord du Nigeria est majoritairement musulman, tandis que le sud du pays est largement chrétien.

Le président sortant Muhammadu Buhari est un musulman du Nord. Certains dirigeants chrétiens l'ont accusé de favoriser les musulmans du Nord et d'être indulgent envers les bandits. Il a nié ces accusations.  

Mais son parti, l'APC, a choisi deux musulmans pour la présidence : Bola Ahmed Tinubu, originaire du Sud, et son colistier Kashim Shettima, originaire du Nord. Cette décision a suscité des réactions mitigées. Certains dirigeants ont fait valoir que, par souci d'équilibre religieux, Bola Ahmed Tinubu aurait dû choisir un chrétien du Nord comme colistier.

Du côté du PDP, Atiku Abubakar est un musulman du Nord. Il a choisi un colistier chrétien de la zone Sud-Sud.

Rabiu Musa Kwankwaso, du NNPP, est musulman et a également choisi un colistier chrétien du Sud. 

Parmi les quatre candidats de tête, Peter Obi, du LP, est le seul chrétien. Son colistier, Yusuf Datti Baba-Ahmed, économiste et homme politique, est un musulman de l'État de Kaduna, dans le nord du pays.

Comment les zones ont voté lors des élections précédentes

 

Des partisans du parti APC célèbrent le 31 mars 2015 la victoire Mohammadu Buhari, dans le quartier d'Obalende à Lagos. PIUS UTOMI EKPEI / AFP
Des partisans du parti APC célèbrent le 31 mars 2015 la victoire Mohammadu Buhari, dans le quartier d'Obalende à Lagos. PIUS UTOMI EKPEI / AFP

 

La victoire historique de l'APC en 2015, qui a mis fin à la série de succès du PDP, doit beaucoup à la façon dont les zones ont voté.

Cette élection a été largement décidée par le Nord-Ouest, qui compte le plus grand nombre d'électeurs et d'où Muhammadu Buhari est originaire.

Mais l'APC a également attiré les électeurs du Sud-Ouest et s’est emparé de l'ancien bastion du PDP, le Centre-Nord.

Les données relatives aux votes montrent que l'APC a conservé une grande partie de son terrain en 2019.

La « troisième force » : des alternatives aux principaux partis ?

Lors de l'élection présidentielle de 2015, l'APC et le PDP ont recueilli 98,92 % de tous les votes valides. En 2019, ce chiffre a chuté à 96,82 %.

Cette tendance suggère que les deux partis sont toujours ceux à battre. Mais les analystes affirment que le LP  pourrait réduire ce pourcentage dans le Sud et que le NNPP pourrait réduire les votes dans le Nord.

Les gains de Peter Obi sont susceptibles de se faire au détriment du PDP, tandis que Rabiu Musa Kwankwaso pourrait être une menace pour certains bastions de l'APC.

Un second tour n'est donc pas la possibilité aussi lointaine qu'elle aurait pu l'être. Peter Obi suscite beaucoup d'intérêt de la part des jeunes, notamment dans le Sud. 

Homme d'affaires fortuné et réputé pour sa frugalité, il a dominé les sondages en ligne, bien que ceux-ci dépendent de volontaires et d'une connexion Internet. Mais il y a aussi eu des sondages d'opinion. L'un d'entre eux donnait à Peter Obi une avance de huit points de pourcentage, ce qui a suscité de vives critiques de la part de ses rivaux. Un autre sondage lui a donné une avance spectaculaire de 26 points.

Indépendamment des mérites de ces sondages et du résultat réel le jour du vote, il ne fait aucun doute que Peter Obi séduit les jeunes Nigérians et les personnes lassées des partis traditionnels dominés par des candidats septuagénaires.

Insécurité, économie et un pays divisé

L'insécurité, une économie en difficulté et l'unité nationale font partie des défis les plus pressants pour les Nigérians.  

L'insécurité a augmenté ces dernières années, alimentée par le djihadisme, le banditisme, les enlèvements et une insurrection séparatiste. 

Il est également essentiel de redresser l'économie. Le profil de la dette du pays n'a cessé de s'aggraver, de même que le manque de revenus et le taux de chômage élevé. L'augmentation du coût de la vie inquiète également de nombreux Nigérians. 

Un candidat ayant une expérience de la gestion des fonds publics serait avantagé. C'est ce que pense Tukur Garba, professeur d'économie du développement à l'Université Usmanu Danfodiyo de Sokoto, dans le nord-ouest du Nigeria. 

« L'économie du Nigeria est dans une situation difficile, le service de la dette dépassant les recettes », a-t-il déclaré à Africa Check. « La corruption est à l'origine des malheurs économiques du Nigeria. Même l'insécurité, qui a un impact sur l'agriculture et le commerce, est liée à la corruption dans les agences de sécurité », a-t-il ajouté.

Certains Nigérians éminents, dont l'ancien président Olusegun Obasanjo et le lauréat du prix Nobel de littérature Wole Soyinka, ont également averti que l'administration de Muhammadu Buhari a laissé le Nigeria plus divisé

Une enquête de l'Africa Polling Institute, un groupe de réflexion non partisan basé à Abuja, semble le confirmer.  

5 363 personnes à travers le pays ont été interrogées sur la base de dix indicateurs dans le cadre de l’enquête de 2021 sur la cohésion sociale au Nigeria. Ces indicateurs comprennent l'identité, la confiance, la justice sociale, la corruption et les attentes futures.

L'enquête a évalué un indice de cohésion sociale de 44,2 %, indiquant que « le pays est devenu plus divisé selon des critères ethniques, sociaux, politiques, économiques et religieux, menaçant ainsi le tissu social, l'unité et la coexistence pacifique du pays ». 

Une capacité à unir le pays pourrait donc séduire de nombreux électeurs

Malheureusement, les élections présidentielles au Nigeria sont rarement axées sur les problèmes, a regretté Saleh Dauda, le professeur de sciences politiques et de relations internationales à l'Université d'Abuja. 

« Ainsi, les questions pertinentes de la sécurité et de l'économie défaillante n'auront pas autant d'impact sur le résultat de l'élection que l'ethnicité, la religion et le régionalisme », a-t-il poursuivi.

Les schémas de désinformation qui influencent l'élection

Les élections précédentes ont été marquées par des campagnes de désinformation visant à influencer le comportement de vote. 

Un exemple est l'opération de Cambridge Analytica avant l'élection présidentielle de 2015. Celle-ci a ciblé des individus et des groupes avec de faux récits sur Muhammadu Buhari, alors candidat d'un parti d'opposition. 

 

 

Les récits trompeurs sur les candidats se répandent déjà. Depuis l'annonce du calendrier électoral, l'Inec a dû déconstruire plusieurs messages désinformant les Nigérians sur l'inscription, le scrutin et le déroulement des élections. 

Theresa Amobi, maîtresse de conférences au département de la communication de masse de l'Université de Lagos, a déclaré à Africa Check que la désinformation et les fausses informations joueraient un rôle important dans cette élection. 

Mme Amobi a récemment mené des recherches sur la propagation de la désinformation au Nigeria. « La désinformation autour de l'élection est déjà en cours. Nous voyons différents types de désinformation. Certaines ont été diffusées pour inciter des sections du pays contre un candidat à la présidence », a-t-elle dit. 

« Par exemple, la photo d'un jeune homme portant les couleurs du drapeau biafrais et marchant sur le drapeau nigérian a circulé en affirmant qu'il s'agissait du fils d'Obi. L'objectif était d'associer (Peter) Obi au peuple indigène du Biafra, ce qui nuirait à sa candidature auprès des électeurs indécis, notamment dans le Nord. Cette affirmation a été démentie », a-t-elle déclaré.

Certains candidats et partis se sont également trompés dans leurs discours et entretiens dans les médias.

Les vérificateurs de faits nigérians écrivent une lettre ouverte aux politiciens du pays

Selon Theresa Amobi, des comptes robots ont également été mis à contribution, diffusant des informations fausses et trompeuses sur les candidats et créant un environnement d'information trouble. « En général, lorsque l'information est limitée, la désinformation prospère. Les candidats doivent fournir des informations précises et démystifier les faux récits. Même si le fait de démystifier les fausses informations n'efface pas complètement leur impact, cela aide beaucoup », a-t-elle estimé.

Africa Check fait partie d'une coalition de vérificateurs de faits nigérians qui ont écrit une lettre ouverte aux politiciens, les exhortant à éviter de faire de fausses déclarations et à démystifier les informations fausses ou trompeuses liées à leurs partis ou à leurs candidatures.

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