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FICHE D'INFO : symptômes et prévention de la rage

En avril 2021, un responsable du ministère sénégalais de l'Elevage a indiqué que 70 foyers de rage ont été enregistrés dans le pays depuis 2020. Voici ce qu'il faut savoir sur la rage.

Le chef du bureau de surveillance épidémiologique des maladies animales au ministère sénégalais de l'Elevage et des Productions animales a appelé en avril dernier à une prise en charge correcte de la rage.

Le docteur Médoune Badiane a expliqué à la presse que depuis 2020, 70 foyers de rage ont été enregistrés dans le pays.

Il a par ailleurs souligné que « non seulement on ne parle pas beaucoup de cette maladie, mais aussi que sa prise en charge est défaillante aussi bien au plan de la santé animale qu'humaine ».

Note : Dans les documents consultés par Africa Check, les chiffres portant sur la rage pour l'année 2020 n'y figurent pas. Les statistiques consultées concernent la période 2009 - 2019.

Qu'est-ce que la rage ?

La rage est une infection virale qui touche le système nerveux central. Elle est causée par un virus de la famille des lyssavirus neurotrope (virus à ARN) souvent transmis par les chiens. Les renards, les coyotes, ainsi que les chauves-souris peuvent également transmettre la maladie. « Les chauves-souris qui hébergent des virus différents de ceux du chien ou du renard, sont particulièrement surveillées », explique un article de l'Institut Pasteur de France.

Dans cette fiche d'information, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) indique que les chiens sont responsables de la transmission du virus de la rage à l’homme dans près de 99% des cas. Cette transmission se fait en général entre l’animal et l’homme par la salive, en cas de morsure ou d’égratignure.

Cependant, explique le Professeur Daye Ka, infectiologue au Centre hospitalier universitaire de Fann à Dakar, il existe une autre forme de transmission, bien qu’elle soit rare. Il s’agit de celle par inhalation. Cette forme de transmission appelée « la rage des vampires » est observée dans les grottes où vivent des chauves-souris, notamment en Amérique du Sud. Malgré cette capacité à changer d’hôte, il n’y pas encore de cas de transmission entre humains.

Le spécialiste souligne que dès lors que les signes cliniques deviennent visibles, la rage devient incurable. « Une fois déclarée, il n’y a plus de traitement », prévient-il. Il ajoute que la maladie est à un point de non-retour lorsque le virus atteint la moelle épinière. « À ce stade, la personne est condamnée », dit-il

Comment se manifeste la rage ?

Avant une quelconque manifestation de la maladie, le virus passe par une période d’incubation. Cette phase peut varier entre une semaine et un an. Pr Ka affirme qu’il lui arrive de recevoir des patients dont la plaie a déjà cicatrisé. Mais généralement, la période d’incubation ne dépasse pas 40 jours. Durant ce stade, il n’y a pas beaucoup de signes.

Surviennent alors les signes annonciateurs. Le patient peut avoir des troubles du comportement. « Soit il est apathique, soit agité et devient plus ou moins agressif », détaille Pr Ka qui explique qu’en plus de la fièvre, le patient peut se plaindre de céphalées (maux de tête), de vertiges et de troubles digestifs.

S’en suit la phase d’invasion, avec l’accentuation de la fièvre allant jusqu’à 40°, l’hypersalivation, mais surtout, « à cette phase on a une accentuation des troubles du caractère à type de confusion. La personne est plus ou moins désorientée, elle est également angoissée et est parfois sujette à des hallucinations », dit le Pr Daye Ka.

L’élément le plus marquant, c’est l’apparition des spasmes, occasionnés par deux éléments que sont l’hydrophobie et l'aérophobie (une peur pathologique de l’eau et de l’air). Le patient peut faire des spasmes rien qu'en voyant un liquide dans le cas de l’hydrophobie. Il y a également des spasmes déclenchés par le bruit de l’air.

« Une fois ces signes déclarés, l’évolution se fait vers le coma et la mort (souvent par arrêt respiratoire) en quelques heures à quelques jours », conclut la note de l'Institut Pasteur de France.

Comment prévenir la rage ?

« Une lutte efficace contre la rage nécessite une bonne connaissance de cette dernière, mais aussi l’adoption par la population d’attitudes et de pratiques favorables à sa prévention », conseille Dr Ndèye Mbacké Kane.

Dans un communiqué publié à l’occasion de la journée mondiale de la rage, le 28 septembre 2020, le ministère sénégalais de la Santé et de l'Action sociale indiquait que la rage peut être évitée en prévenant les morsures de chiens, en vaccinant les chiens et les personnes mordues.

En cas de morsure, poursuit Pr Daye Ka, la première chose à faire, c’est de se rendre à la structure de santé la plus proche. Dans l'urgence, il faut surtout procéder à la désinfection de la plaie, en procédant à un lavage abondant avec de l’eau savonneuse pendant 15 minutes. Ensuite appliquer des antiseptiques. « Ces gestes d’urgence permettent de tuer le virus rapidement. En termes de prévention dans les hôpitaux, en plus du vaccin préventif contre la rage, on procède également au vaccin contre le tétanos. Et ce, de manière systématique », souligne le spécialiste.

Des données incomplètes et imprécises sur la rage au Sénégal

Nous n'avons pas pu obtenir auprès des autorités sanitaires de documents contenant des données consolidées et fiables sur la rage au Sénégal. Elles nous ont toutefois fait parvenir un fichier comportant des chiffres portant sur les années 2009 à 2019. Des chiffres toutefois incomplets par endroit. 

Toutefois, la coordonnatrice du Programme national de lutte contre les maladies tropicales négligées (MTN), Dr Ndèye Mbacké Kane, a indiqué à Africa Check que depuis 2009 le Sénégal a dénombré une quarantaine de décès imputables à la rage. « Cette lourde mortalité, dit-elle, est évitable par une intervention médicale rapide et une vaccination précoce et correcte », précise-t-elle.

De 2009 à 2019, 47 cas de rage ont été enregistrés dans 12 des 14 régions du pays, selon le fichier consulté par Africa Check.


 


Concernant la rage animale, (touchant uniquement les animaux) en 2020, 60 foyers ont été notifiés au Sénégal selon les chiffres du ministère de l’élevage rapportés par Dr Kane.

Le terme foyer dans ce domaine, signifie l'apparition d'un ou de plusieurs cas de rage au sein d'une même unité épidémiologique (division administrative qui peut être le village, le quartier, la commune, le département ou la région) explique le chef du bureau de surveillance épidémiologique des maladies animales, Dr Médoune Badiane. Il indique qu'en 2020, 10 des 14 régions ont rapporté des cas de rage.

Crédits photo PRAKASH SINGH / AFP

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