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Soudan : Cette image prétendant montrer l’exécution d’une mère et de son enfant par des hommes armées a été générée par intelligence artificielle

EN BREF :  Il est vrai que des familles sont exécutées après la prise d'El-Fasher mais l'image partagée dans cette publication est tirée d'une vidéo générée par l'intelligence artificielle.

 

Le 26 octobre 2025, les Forces de soutien rapide (FSR), ont pris le contrôle d'El-Fasher, capitale du Darfour du Nord, au Soudan, partageant sur les réseaux sociaux des exécutions sommaires de civiles. Depuis avril 2023, ce groupe paramilitaire conduit par Mohamed Hamdane Daglo est engagé dans une guerre de pouvoir contre l’armée régulière soudanaise dirigée par le général Abdel Fattah al-Burhan, par ailleurs président de la transition depuis le coup d’État de 2021. 


Lire aussi : Soudan : la plupart de ces photos sont antérieures aux affrontements d’avril 2023 entre l’armée régulière et les forces paramilitaires

La prise d’El-Facher a officiellement marqué le contrôle total du Darfour, région qui s’étend sur un tiers du Soudan, par le FSR. Après 18 mois de siège, l’armée du général Abdel Fattah al-Burhane a rendu les armes dans la zone. Selon un bilan en début d’octobre estimé par le Réseau des médecins soudanais et d'autres organisations internationales, on dénombre 3 000 morts, dont 2 000 civils depuis la prise d’el-Fasher par le FSR.

Dans une publication le 29 octobre 2025 sur X, le directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a indiqué dans une note que son institution était « profondément choquée par les informations faisant état du meurtre tragique de plus de 460 patients et accompagnateurs à l’hôpital de maternité saoudien d’El Fasher, Soudan, suite aux récentes attaques et à l’enlèvement de travailleurs de la santé ». Dr. Tedros Ghebreyesus de souligner qu’avant l’attauqe El-Fache,  l’OMS avait recensé 185 attaques contre des établissements de santé au Soudan, ayant causé la mort de 1 204 personnes et fait 416 blessés parmi le personnel soignant et les patients depuis le début du conflit en avril 2023.

C’est dans ce contexte que, le 1ᵉʳ novembre  2025, un internaute a publié sur Facebook une photo donnant à voir une femme emmitouflée et blottissant un enfant contre elle. Elle est assise au sol en face d'ombres montrant ce qui ressemble à deux personnes armées. 

« Image choquante avant l’exécution d’une mère et de son enfant par les forces RSF au Soudan », indique la légende du post qui a largement circulé sur la plateforme (12345678). 

Une image tirée d'une vidéo générée par l'intelligence artificielle

Nous avons remarqué sur la partie gauche de la photographie que nous vérifions les inscriptions  « @KhabarFuri » et « @khoubailb.bz ».

Une première recherche avec « @KhabarFuri » sur Google n’a pas donné de résultats concluants en rapport avec notre vérification. Nous avons donc poursuivi avec la deuxième inscription « @khoubailb.bz » qui nous renvoie vers le profil correspondant  sur Instagram. Sur sa biographie en anglais, il se présente comme un producteur de vidéos numériques, spécialiste de la création IA, un vidéaste et un pilote de drone. Il travaille aussi avec la chaine de télévision satellitaire Al Jazeera. 

Sur ce compte Instagram, nous avons retrouvé l'image que nous vérifions. Elle provient en réalité d'une vidéo générée par intelligence artificielle dont une capture est partagée sur le compte. Dans la publication, l’auteur a bien précisé qu'il s'agit d'une vidéo générée par intelligence artificielle.

Une crise qui n’en finit pas

Le 6 novembre 2025, les FSR ont annoncé avoir trouvé un accord de trêve humanitaire proposée par le groupe de médiateurs dit du Quad (Arabie saoudite, Etats-Unis, Egypte, Emirats arabes unis). Quant à l’armée soudanaise, son chef Abdel-Fattah Al-Burhane, a déclaré que « ces forces continuaient de défaire l'ennemi et de sécuriser l'État soudanais jusqu'à ses frontières ».

Au lendemain de cet accord de trêve, le 7 novembre 2025, les FSR ont de nouveau attaqué, menant des frappes de drones dans les zones de la ville d'Omdurman, dans l'État de Khartoum, et d'Atbara, dans l'État du Nil, d’après les médias locaux.

 

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