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Présidentielle sénégalaise : des affirmations de trois candidats passées à la loupe

Issa Sall - Parti de l’Unité et du Rassemblement


 

Claim

« Kédougou est la région avec le taux de mortalité le plus élevé au Sénégal »

Verdict

mostly-correct


 

« Je prends par exemple la santé, où le taux de mortalité (à Kédougou) est le plus élevé au Sénégal », a déclaré Issa Sall, le candidat du Parti de l’Unité et du Rassemblement (PUR).

Il était en campagne dans cette ville du sud-est du Sénégal le 11 février 2019.

Note : nos tentatives d’entrer en contact avec le responsable de la communication du PUR sont restées vaines. Cet article sera mis à jour dès que nous aurons sa réaction.

Données générales


Selon l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), le taux brut de mortalité du Sénégal est de 7,7 ‰. Cette donnée est tirée du dernier Recensement général de la population et de l’habitat, de l’agriculture et de l’élevage (RGPHAE) réalisé en 2013 et publié en 2014.

Aussi, les projections des indicateurs démographiques 2013-2035 estiment le taux brut de mortalité à 6,8 pour 1000 habitants; et le taux de mortalité infanto-juvénile (0-5 ans) à 55,6 pour 1000 habitants en 2019 au Sénégal.

Qu’en est-il pour la région de Kédougou ?


Le rapport de l’ANSD intitulé Situation Economique et Sociale Régionale 2014 met en exergue que la région de Kédougou enregistre des taux bruts de mortalité infantile, maternelle, qui restent les plus élevés du pays.

« On retrouve les niveaux de mortalité les plus élevés dans les régions Sud. Il s’agit des régions de Kédougou, Kolda, Sédhiou et Tambacounda, avec des niveaux de mortalité variant entre 10 ‰ et 12 ‰ », indique aussi le dernier RGPHAE.

Une tendance confirmée par l'Enquête démographique et de santé continue (EDS-Continue) 2016, la dernière en date, qui rapporte que la région de Kédougou a le taux de mortalité infanto juvénile le plus élevé du Sénégal : « 140 ‰ ».

 

Ousmane Sonko - Coalition « Sonko Président »


 

Claim

« Il y a 60 % de taux de pauvreté à Ziguinchor »

Verdict

incorrect


 

Ousmane Sonko a fait cette déclaration à Ziguinchor (Sud) où il était en campagne le 12 février 2019.

Dans son discours, il a souligné : « ce sont des chiffres de l’ANSD. Ce ne sont pas des chiffres d’Ousmane Sonko, c’est des chiffres officiels ».

Que dit l’ANSD ?


Moise Gning, documentaliste à l’ANSD a dit à Africa Check que « l’étude (sur la pauvreté) la plus récente sur notre base de données est la Deuxième enquête de suivi de la pauvreté au Sénégal (ESPS-II 2011) ».

Ce document publié, en mai 2013, souligne « de fortes disparités régionales. Les situations de pauvreté sont loin d’être uniformes d’une région à l’autre ».

« Avec 26,1% de pauvres en 2011, la région de Dakar jouit d’une situation nettement plus favorable que les autres régions du pays, même si elle contribue de façon importante (13,5%) à la pauvreté du fait qu’elle concentre un quart de la population », indique la même source.

« A l’opposé, lit-on encore, c’est dans les régions de Kolda (76,6%), Kédougou (71,3%) et Sédhiou (68,3%) que la pauvreté est la plus répandue ».

Le document indique également que l’incidence de pauvreté à Ziguinchor est de « 66.8% ».

 

Idrissa Seck - Coalition « Idy 2019 »


 

Claim

« Les ressources de l’Etat ont connu une hausse de 3,4% entre 2016 et 2017 »

Verdict

incorrect


 

Dans le programme du candidat Idrissa Seck, il est indiqué que « les ressources totales de l’Etat se sont accrues en 2017 pour atteindre 2 414,1 milliards de francs CFA contre 2 334,6 milliards en 2016 soit une hausse de 3,4% ».

Africa Check a consulté le rapport sur la situation économique et financière 2017 et perspectives en 2018 publié par la direction de la prévision et des études économiques, la DPEE en octobre 2017.

Ce document indique que « les ressources totales de l’État sont projetées en hausse de 3,4% (+79,5 milliards) ; elles devraient, ainsi, passer de 2334,6 milliards de francs CFA en 2016 à 2414,1 milliards de francs CFA en 2017 ».

Toutefois, le rapport sur la situation économique et financière 2018 et perspectives 2019, publié en novembre 2018, montre que « les ressources totales de l’État sont projetées en hausse de 9,4% (+222,8 milliards) ; elles devraient, ainsi, passer de 2 376,6 milliards de francs CFA en 2017 à 2 599,4 milliards F CFA en 2018 ». Ce qui suggère que les projections sur les ressources de l’Etat en 2017 n’ont pas été atteintes. Au lieu des 2414,1 milliards F CFA prévus, elles ont été de 2376,6 milliards F CFA.

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