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La consommation de gingembre prévient-elle les maladies cardiovasculaires ?

Anti-inflammatoire, remède contre les affections de la gorge, solution contre les nausées et les vomissements, etc., les propriétés conférées au gingembre sont nombreuses au point où certains considèrent cette épice – qui « stimule la libido, lutte contre des cancers et entretient le cerveau » – comme « un super-aliment », mieux, « un aliment miracle ».

De toutes les facultés attribuées, souvent sans preuves scientifiques, au gingembre, Africa Check s’est spécifiquement intéressé à celle liée à la santé du cœur.

Nous avons, dans un premier temps, interrogé la cardiologue Nancy Francisca Senghor de la Polyclinique Malick Sy de Dakar. Elle a dit ne pas pouvoir se « prononcer là-dessus » car n’ayant « aucune information sur le lien entre les vertus du gingembre et la santé du cœur ».

Alors, l’ingestion de gingembre peut-elle réellement aider à prévenir des troubles cardiovasculaires ? Est-ce scientifiquement avéré ?

Quels sont les composantes du gingembre ?


D’origine asiatique, le gingembre ou Zingiber officinale (nom scientifique) est une plante, de la famille des Zingibéracées, dont le rhizome (tige souterraine) est généralement utilisé pour la consommation.

Nous avons tenté, en vain, d’obtenir des informations sur ses différents constituants dans l’optique de les faire analyser par un spécialiste et de déterminer si la consommation de rhizome de gingembre est réellement à même de prévenir les maladies du cœur.

A l’Institut sénégalais de recherche agricole, à l’Institut de technologie alimentaire du Sénégal et au département de biologie végétale de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, il nous a été notifié, à chaque fois, que « des études n’ont pas été menées dans ce sens ».

Abdaziz Camara qui dirige le laboratoire du département de biologie végétale de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar explique à Africa Check que « le gingembre n’est pas un produit qui est régulièrement analysé ».

« Il y a des plantes qui sont présentes ici mais qui ne sont pas répertoriées dans la flore du Sénégal. C’est le cas du gingembre qui, bien que cultivé et consommé chez nous, n’est pas une espèce naturelle à la flore sénégalaise», a expliqué M. Camara.

Une étude dresse le profil nutritionnel du gingembre


Le fichier canadien sur les éléments nutritifs, version 2015, dans lequel est dressé le profil nutritionnel de la racine de gingembre cru, indique qu’elle contient des macronutriments dont l’eau, les cendres, les protéines, les lipides et les glucides.

Selon la même source, le rhizome de gingembre contient également des minéraux (calcium, fer, magnésium, phosphore, potassium, sodium, zinc, cuivre, manganèse, sélénium), des vitamines (folacine ou vitamine B9, vitamine K, vitamine C, vitamine B-6, acide pantothénique, niacine, riboflavine, etc.) et des acides aminés.



 

Que révèle l’analyse de ces données ?


Nous avons soumis le profil nutritionnel de la racine de gingembre tel que dressé dans le fichier canadien sur les éléments nutritifs, à l’analyse du docteur Sadibou Dieng, diététicien à l’hôpital Principal de Dakar.

«Le gingembre est riche en vitamines et minéraux qui jouent un rôle très important dans le système de défense de l'organisme, mais aussi, il est riche en acides gras monoinsaturés et polyinsaturés qui préviennent les maladies cardiovasculaires », soutient le Dr Dieng, dans un courriel à Africa Check.

Il souligne que « non seulement la racine de gingembre contient certains lipides qui protègent le cœur mais aussi le taux de matières grasses contenu dans la racine de gingembre est faible ».

Effets positifs avérés des acides gras insaturés sur la fonction cardiovasculaire


Le gingembre est riche en vitamines et minéraux. Photo Ginseng.com Le gingembre est riche en vitamines et minéraux. Photo Ginseng.com

Le site passeportsante.net, spécialisé en questions de santé, indique que « les acides gras insaturés sont considérés comme ‘bons’ car ils ont un impact positif sur les taux de lipides sanguins et des effets bénéfiques sur la fonction cardiovasculaire ».

Un article paru sur le site du Centre national américain d'information sur la biotechnologie évoque également les bénéfices des acides gras polyinsaturés pour « la santé humaine et dans la prévention de différentes maladies comme les troubles cardiovasculaires ».

Conclusion : l’information est vraie


Selon le fichier canadien sur les éléments nutritifs, le rhizome de gingembre, utilisé dans la préparation de repas et de boissons, contient des acides gras et des lipides, entre autres.

Le diététicien Sadibou Dieng a confié à Africa Check que ce sont ces acides gras monoinsaturés et polyinsaturés qui «préviennent les maladies cardiovasculaires». Il confirme ainsi l'information relayée par le Centre national américain d'information sur la biotechnologie et le site passeportsanté.

Par conséquent, l’information selon laquelle la consommation de gingembre contribue à prévenir les maladies cardiovasculaires est vraie.

Edité par Assane Diagne

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